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Giclée, lithographie, sérigraphie : les types d'estampes expliqués

Le mot « tirage » recouvre une lithographie, une sérigraphie, une eau-forte, un tirage pigmentaire et une affiche. Comment les distinguer et ce que vaut chacun.

Presque toutes les questions difficiles du marché de l'art abordable tiennent à un mot qui en fait trop. « Tirage » désigne aussi bien une lithographie tirée à la main sur pierre à trente exemplaires, une sérigraphie dont l'artiste a lui-même poussé l'encre, une eau-forte mordue dans le cuivre, un tirage pigmentaire réalisé à partir d'un fichier numérique, que l'affiche d'un tableau de musée vendue à la boutique. Ces objets partagent un nom et rien d'autre — ni leur fabrication, ni leur rareté, ni leur prix.

Ce vocabulaire mérite un après-midi d'attention, car il constitue toute la défense contre le fait de payer trop cher. Dès lors que vous savez nommer ce que vous avez sous les yeux, une annonce qui évite de le nommer vous apprend déjà quelque chose.

La distinction qui commande toutes les autres

Avant les techniques, une seule séparation décide de tout : s'agit-il d'une estampe originale ou d'une reproduction ?

Une estampe originale est une œuvre conçue pour le médium. L'artiste a réalisé une matrice — une pierre, une plaque, un écran, un bois — et la feuille imprimée est l'œuvre elle-même, non la photographie d'une autre œuvre. Il n'existe pas de « peinture originale » d'une lithographie de Toulouse-Lautrec, parce que la lithographie est l'original.

Une reproduction est la photographie d'une peinture ou d'un dessin existant, imprimée sur papier. Elle peut être admirablement faite et honnêtement vendue, et elle n'est pas sans valeur. Mais c'est la copie d'une œuvre qui existe ailleurs, et elle doit être vendue comme telle. L'abus, sur ce marché, ne porte presque jamais sur l'impression — il porte sur des reproductions vendues avec le vocabulaire de l'estampe originale : numérotées, « limitées », joliment encadrées, tarifées comme si une matrice avait jamais existé.

La lithographie

L'artiste dessine au crayon gras ou à l'encre grasse sur une pierre calcaire ou une plaque métallique grenée. La pierre est traitée chimiquement pour que les tracés gras acceptent l'encre et que la pierre humide la rejette ; l'image est ensuite transférée sur le papier sous pression. Chaque couleur exige sa propre pierre, imprimée successivement.

À quoi cela ressemble : doux, dessiné, nuancé. Aucune autre technique ne conserve aussi directement le caractère de la main de l'artiste — vous regardez un dessin qui a été multiplié. À la loupe apparaît un grain fin et irrégulier, jamais une trame mécanique de points.

Les annonces honnêtes précisent lithographie originale. Méfiez-vous de la mention lithographie d'après, qui signifie que quelqu'un a reproduit lithographiquement une peinture existante. C'est une reproduction portant le nom d'une technique.

La sérigraphie

L'encre est poussée à la raclette à travers un écran de soie pochoiré, un écran par couleur. C'est la technique de l'affiche, de Warhol, de l'essentiel du graphisme contemporain, et elle produit une couleur qu'aucune autre méthode n'égale : plate, dense, saturée.

À quoi cela ressemble : des aplats aux bords nets, chaque couche reposant physiquement sur la précédente. Inclinez la feuille dans la lumière et vous verrez souvent le relief de l'encre et le léger chevauchement là où deux écrans se rejoignent. Ce repérage est un indice : la preuve d'un processus physique plutôt que d'un unique passage machine.

Eau-forte, burin et pointe sèche

La famille de la taille-douce, ou gravure. L'image est creusée ou mordue à l'acide dans une plaque de métal, l'encre est forcée dans les creux, la surface est essuyée, et un papier humidifié est pressé assez fort pour extraire l'encre des sillons.

Le signe distinctif est physique et sans équivoque : la cuvette, ce rectangle en relief laissé par le bord de la plaque dans le papier, avec l'image à l'intérieur et une marge de papier intact autour. Passez le doigt sur la feuille et vous sentez les traits légèrement saillants. Rien de numérique ne reproduit cela, ce qui fait de la cuvette l'indice d'authenticité le plus fiable de toute la gravure.

Les tirages sont courts, car la plaque s'use. Une pointe sèche peut être épuisée après vingt épreuves, et les premières sont visiblement plus riches — d'où une numérotation qui, en taille-douce, veut dire davantage qu'ailleurs.

Giclée et tirages pigmentaires

« Giclée » est un terme commercial forgé à la fin des années 1980 pour désigner l'impression jet d'encre de haute qualité. Aucune norme technique ne le sous-tend. Il décrit une encre pigmentaire de conservation projetée sur un papier chiffon ou baryté par un traceur grand format, et c'est aujourd'hui la façon dominante d'imprimer la photographie et les œuvres nativement numériques.

C'est ici qu'il faut du discernement, car la technique est excellente et parfaitement neutre. Un tirage pigmentaire est original lorsque l'œuvre a été conçue comme un fichier ou un négatif — photographie, dessin numérique, œuvre générative — et que le tirage constitue la forme finale voulue par l'artiste. La même technique donne une reproduction lorsqu'il s'agit du scan d'une peinture accrochée dans l'atelier.

La technique seule ne vous apprend rien. La provenance de l'image, si. Posez la question qui tranche : existe-t-il un original de cette image dans un autre médium ? Si oui, vous en achetez la copie.

Sur les matériaux : un tirage pigmentaire sérieux emploie des encres pigmentaires et non des colorants, sur papier 100 % coton ou baryté, et affiche une tenue d'un siècle ou plus sous verre à l'abri de la lumière directe. Ces spécifications se demandent, et tout atelier qui travaille correctement les a par écrit.

Le cas particulier de la photographie

Deux choses cohabitent sous cette étiquette et ne se valent pas. Un tirage argentique est réalisé en chambre noire par projection d'un négatif sur papier sensible, puis développement chimique — le tirage noir et blanc traditionnel, avec les noirs profonds et le léger satiné que les collectionneurs reconnaissent à l'œil. Un tirage pigmentaire relève du procédé jet d'encre décrit plus haut, à partir d'un négatif scanné ou d'un fichier.

Les deux sont légitimes, les deux se collectionnent, et l'écart de prix traduit le travail et la rareté plutôt qu'une hiérarchie de valeur. Le tirage en chambre noire est lent, manuel et difficile à répéter à l'identique : les éditions argentiques sont donc plus courtes et plus chères. Les photographies en noir et blanc présentées ailleurs sur ce site sont éditées de neuf à quinze exemplaires au format 45 × 30 cm à partir de 50 € — un format et une taille d'édition typiques de la photographie d'art contemporaine vendue en direct par l'artiste.

Reconnaître ce que l'on a réellement sous les yeux

Quatre vérifications, dans cet ordre ; une loupe bon marché fait l'essentiel du travail :

  • Cherchez une trame de points. Sous grossissement, l'offset — le procédé des livres et des affiches — révèle une rosace régulière de points colorés. Pas l'estampe originale. Ce seul test sépare la plupart des reproductions des originaux en cinq secondes.
  • Cherchez une cuvette. Un rectangle en relief autour de l'image signale la taille-douce. Elle ne se simule pas de façon convaincante sur un tirage numérique.
  • Regardez la surface de l'encre. La sérigraphie laisse des couches visibles en lumière rasante. Le jet d'encre reste parfaitement plat dans le papier.
  • Regardez la signature et la marge. L'estampe originale est signée au crayon dans la marge, hors de l'image, avec la fraction du tirage du côté opposé. Une signature imprimée dans l'image, de la même encre que le motif, fait partie de la reproduction : elle figurait sur l'œuvre d'origine et a été copiée avec le reste.

Ce que la technique fait au prix

La technique compte bien moins que trois autres facteurs : qui a fait l'œuvre, combien d'exemplaires existent, et s'il s'agit d'un original ou d'une reproduction. Une sérigraphie d'un artiste au parcours d'expositions sérieux vaut plus qu'une eau-forte d'un inconnu, et les deux valent plus qu'une belle reproduction d'un tableau célèbre.

Au sein de la production d'un même artiste, la hiérarchie est en général prévisible. La taille-douce tirée à la main en petites éditions occupe le haut, lithographies et sérigraphies le milieu, les tirages pigmentaires en édition ouverte le bas. Mais un tirage pigmentaire signé à neuf exemplaires par un photographe en activité est un objet plus rare qu'une lithographie tirée à cinq cents, et se paie en conséquence. La taille de l'édition pèse plus lourd que la technique.

Ce qu'il faut demander avant d'acheter

Trois questions, auxquelles tout vendeur honnête répond sans hésiter :

  • S'agit-il d'une estampe originale ou de la reproduction d'une œuvre existante ? Formulée ainsi, elle se contourne difficilement.
  • Quelle est la taille de l'édition, et couvre-t-elle tous les formats et papiers ? Une édition de neuf qui se révèle être neuf par format sur quatre formats est une édition de trente-six.
  • Quel papier, quelle encre, et qui a imprimé ? La réponse est l'empreinte du sérieux avec lequel l'œuvre est produite.

Le silence, le flou ou un changement de sujet sur l'une des trois répondent à une autre question — précisément celle que vous vouliez poser.

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